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30/06/2009

Disparition de Jean François Delas : Une seule solution, porter plainte ?

Jean François a disparu le 1er avril 2002, à Thonon les Bains (Haute Savoie).

Les dernières personnes a l'avoir vu sont les membres du personnel de l'hôpital où il se trouvait.

Pourquoi était-il dans cet hôpital ?

Trois jours avant sa disparition, Jean François a eu des hallucinations, il tenait des propos incohérents.

Sa maman, Claudie, a pris peur et a appelé le Smur.

Les infirmiers et le médecin, une fois sur place, ont décidé d'orienter Jeff vers une unité psychiatrique.

Que s'est-il passé ensuite ?

Le médecin en charge du dossier a expliqué à Claudie que, l'état de Jean François était peut-être dû à une absorption de drogue (haschich).

On a demandé à Claudie de n'apporter que des affaires de toilette et des sous vétements de rechange.

Jean François devait être isolé de son environnement habituel, donc les appels et les visites étaient interdits pour une durée indéterminée.

Et le 1er avril, que s'est-il produit ?

Claudie a reçu un appel de l'hôpital, vers 21h30, on lui demandait si Jeff était chez elle.

Personne ne l'avait revu depuis 19h dans l'unité.

A partir de là, que se passe t-il ?

Claudie signale sa disparition à la Police et dans la presse locale.

Elle contacte les amis de Jeff, la famille mais, personne ne semble l'avoir vu.

Et du côté de la Police ?

Le commissariat "égare" le dossier, Claudie refait toutes les démarches.

Aucun survol de la région, aucune battue dans la forêt avoisinante, aucune audition du personnel de l'hôpital, ni des proches, n'est effectuée.

Malgré l'insistance de Claudie, rien n'est entrepris pour tenter de retrouver Jean François.

Pourtant sa disparition est inquiétante ?

Oui, dans la mesure où Jeff a disparu en pyjama, sans ses papiers, sans argent, sans téléphone, sans rien sur lui et que, personne ne l'a aperçu ou n'a été en contact avec lui.

Et aujourd'hui ?

Sept années se sont écoulées sans que personne n'est revu Jeff.

Administrativement, il n'existe plus : aucune demande de renouvellement de papiers n'a été faite, aucun mouvement sur ses comptes bancaires n'a été enregistré, il n'a jamais perçu les Assedics, n'a jamais travaillé, n'a jamais bénéficié d'une quelconque aide de l'Etat, ni de la sécurité sociale.

Et l'enquête ?

Le dossier est vide.

L'enquête a été fermée très rapidement et rouverte en octobre 2008, suite à une piste aux Etats-Unis.

Cette piste a été rapidement abandonnée.

Les appels à témoin n'ont rien donné ?

Non, personne ne s'est jamais manifesté, ni après le passage à l'émission de Jean Luc Delarue (France 2), ni après Enquêtes Criminelles (sur W9).

Les articles dans la presse sont restés sans effet.

Jean François semble s'être volatilisé.

Et le message mystérieux laissé sur le Post ?

Laissé en octobre 2008, ce message (lire ICI) a été transmis immédiatement au Procureur de Thonon les Bains.

A ce jour, le Procureur a juste communiqué, par écrit à Claudie, que la personne avait été localisée à Mulhouse.

Mais depuis aucune nouvelle.

Etait-ce un petit plaisantin ou quelqu'un qui sait quelque chose sur Jeff ?

Qu'a donné l'audition de cette personne ?

Y en a t'il eu une d'ailleurs ?

Le Procureur n'est jamais joignable : il est en vacances, absent, en déplacement ou en rendez-vous.

En sept ans, il n'a jamais été possible d'obtenir un rendez-vous avec lui, Claudie n'a pu s'entretenir qu'une seule fois téléphoniquement avec cet homme.

On ne sait même pas si Jeff est bien inscrit dans le fichier des personnes disparues !

La moindre démarche relève du parcours du combattant.

C'est à dire ?

Rien que pour faire une RIF (recherche dans l'intérêt des familles), le commissariat a renvoyé Claudie vers la gendarmerie, qui l'a renvoyé au commissariat.

Personne ne voulait la faire, ils se renvoyaient la balle.

Ensuite, devant l'insistance de Claudie, on a enfin accepté de lui faire remplir un papier mais, ce n'était pas le bon !

Claudie, heureusement, avait la référence du document (Cerfa n°12815*01) et leur a signalé mais, soit disant que le commissariat n'avait plus le bon formulaire.

Face à l'entêtement de Claudie, finalement 15 mn après, le bon formulaire était retrouvé...

Tout cela est relativement éprouvant, Claudie a 66 ans, elle est épuisée de se battre pour la moindre petite formalité.

Parfois elle en vient à se demander si on attend pas qu'elle lâche l'affaire.

Un sentiment général sur cette affaire ?

Celui d'un abandon total.

L'impression que c'est le monde a l'envers, que c'est aux proches de trouver des éléments nouveaux et que quand, par bonheur, quelque chose est trouvé, rien n'est relié ou vérifié.

Il y a aussi l'incompréhension face à la manière dont sont traitées les autres disparitions et les démarches qui sont entreprises pour elles.

Comment cela ?

Et bien, les disparitions sont relayées par la presse, des auditions sont faites, des recherches dans les bois ou les plans d'eau, on épluche les comptes en banques, les téléphones portables etc etc...

Quand on voit tout ce qui peut être entrepris dans des affaires similaires, on se dit "waouhhhh c'est bien tout ce que la Police fait pour retrouver un tel ou une telle" mais, on se dit aussi "pourquoi Jeff n'a pas eu le droit à cela ?".


On a l'impression qu'il y a deux poids deux mesures.

Dans le cas de Jean François, strictement rien n'a été fait.

Il y avait matière ?

Oui bien sûr, par exemple, trois jours avant d'être hospitalisé, Jean François a prêté 700€ à un copain qui habitait à quelques mètres de l'unité psychiatrique.

Claudie l'a découvert sur son relevé bancaire, fin avril 2002, cette piste, pourtant signalée, n'a pas été explorée.

Et tant d'autres choses...

Comme ?

L'hôpital, il est aberrant que personne n'est rien vu, qu'aucune caméra ne soit placée aux entrées/sorties.

On nous dit qu'un hôpital psychiatrique n'est pas une prison mais, on a pourtant interdit aux proches les visites et les appels.

Quand on oriente quelqu'un vers une unité psychiatrique c'est qu'on estime qu'il est un danger pour lui-même ou pour les autres non ?

Claudie n'a jamais pu récupérer ni les affaires de Jeff, ni l'argent laissé à l'hôpital pour ses dépenses personnelles(cigarettes, journaux etc...) : tout à soit disant été égaré !

Alors que va t-il se passer maintenant ?

Une plainte va être déposée dans la semaine contre l'hôpital.

Pourquoi maintenant ?

Parce qu'il y a trop de zones d'ombres, trop peu de choses qui sont entreprises et, parce qu'il faut faire quelque chose.

Jusque là, on a toujours dit à Claudie qu'on ne pouvait pas se retourner contre l'hôpital car Jeff n'avait pas été placé dans cette unité par la justice.

Il semble que cela soit faux.

Mais surtout parce que depuis 7 ans, une maman attend de connaître la vérité sur la disparition de son fils.

Commentaires

Ha enfin! C'est vraiment très bien d'avoir porté plainte contre l'hôpital! Je n'ai jamais compris qu'aucun avocat ne vous ait conseillé de le faire. Cela m'a paru évident dès la première fois que j'ai appris cette histoire.
Bien qu'adulte, le fait que Jean-François ait été confié à cet hôpital engage celui-ci, quelque soit la raison de son hospitalisation (pour une appendicite cela aurait été pareil).
Et de toutes façons le B A BA de toute enquête est de commencer par l'endroit où l'on a vu la personne recherchée pour la dernière fois.
C'est vrai que l'on a raison de penser que tout n'est pas toujours fait dans toutes les affaires. La compétence et la motivation des personnels de l'état est prépondérante!
En tout cas votre courage à toutes les deux, votre opiniâtreté m'émeut. J'ai comme l'impression que vous faîtes partie de ma vie, de mes amies. Aussi n'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin d'argent, d'aide ou simplement parler et avoir un avis extérieur.
Très très amicalement

Écrit par : romaindesbois | 30/06/2009

Bonsoir,

J'ai déjà été hospitalisée dans ce genre d'unité. Un inventaire de vos affaires est fait à votre entrée et vous avez droit d'emmener que vos affaires de toilette (pas de rasoir pour les hommes, ils doivent les demander le matin) et votre pyjama comme le cas de Jean-François, justement pour NE PAS PASSER INAPERÇU si vous tentez de vous échapper ou "sortir" (ce qui est interdit en général, sauf dans les longues hospitalisations et pas tout seul).

Et surtout, dans les unités psychiatriques, il y a "un poste" à l'entrée -dans le bâtiment- où quelqu'un se trouve en permanence pour contrôler les entrées (visiteurs...) et veiller à ce qu'un patient (reconnaissable en pyjama, sans chaussure de ville, on ne peut pas le louper) ne sorte pas ou se fasse la belle.

Pour les affaires personnelles volatilisées, on ne peut les récupérer qu'à sa sortie en signant une feuille. Elles sont stockées dans une pièce sécurisée avec une porte genre blindée. Alors bon...rien que cela c'est suspect mais alors le reste...j'en reste sans voix.

L'hôpital est responsable de vous dès que vous êtes admis, surtout dans ce genre de cas où vous pouvez manquer de discernement et être un danger pour vous même ou pour les autres.
Sinon, la seule solution de sortir c'est de signer une décharge en toute connaissance de cause de votre état, dans ce cas l'hôpital n'est plus responsable de vous -cqfd-. Jusqu'à preuve du contraire, aucune décharge n'a été signée.

Courage à vous. J'espère que cette plainte donnera des réponses.

Écrit par : Cat | 30/06/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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